mardi 10 mai 2011

il faut être seul

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j'ai vu tes armes
longtemps après que tu les aies posées
quelque part - ce n'étaient plus les tiennes, elles étaient seulement là, derrière un mur. Les armes existent plus
que ce qui les entoure,
que l'espace où elles pèsent :
une couche mêlée de poussière et de cailloux.

ce lieu indifférent
où, avant que tu ne les y laisses
rien n'avait été vu par moi ni par personne
sauf peut-être par celui qui avait construit le mur,
regardé en partant l'ombre brune diagonale
que le soir y découpe.

ainsi n'est pas l'ombre
qui s'étend à tes pieds, dans des parallèles grises
avec les troncs des arbres proches, les hampes,
perdues dans la douceur sans fin des herbages en été,
au printemps.

oui, et surtout ton ombre est ronde
sous la table, et presque noire,
à midi le venin du bourdon ne menace rien.

L'ombre de tes armes est entièrement cachée.

Menace seulement tes armes - dans leur ombre
la rouille qui naît
de l'humidité des orties, du mur blanc.

dimanche 10 avril 2011

arbre

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Acacia fait d'arbre, aux cuisses disjointes,
plus debout que moi dans l'air du soir d'or
à mi hauteur de ton violent tronc dansent
les si petits moucherons.
Moi qui suis assise en dessous
les yeux sur toi je te fais mes adieux
les yeux sur ton écorce je ne te verrai plus.
tout en haut, pas encore masqué
ce nid que les pies ont abandonné
en mars.

Je vois avec quel oubli tu livres
au dessèchement tes branches basses
avec quelle ardeur tu disjoins
dans les ciel tes cuisses,
tes branches
maîtresses.

Dans la perfection du ciel de ce soir
où tu étends tes doigts si nombreux
sont aussi assises
toutes mes choses à jeter
tous les murs que mon regard atteint
et leurs fenêtres

et tout est à perdre, ici et là.

vendredi 1 avril 2011

Encre

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le ciel et l'eau n'ont plus de limite ils s'étendent
transparents et
sans couleur

là, une ligne fine et froide qui serre :
l'interface entre l'eau et l'air
je suis la ligne de mes pas
je m'enfonce.

il y a l'écriture des algues
spirales posées n'importe où
il y a l'épaule noire et la tête
sortant à peine de l'eau

à être ainsi seule
je me vois grandir
dans cette heure faite pour me contenir

et je l'emplis entièrement, errant
juste à la limite des eaux

dont l'horizontalité s'élève
écran pâle
d'un jour sans règle.

l'arrêt du soir est suspendu,
proche du coeur.

la ligne à haute tension passe au dessus

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Le long des grands fils tendus, lentement gouttent
les eaux de pluie, que personne ne voit
tandis qu'elles tombent et sitôt s'infiltrent
dans chaque motte terreuse, mouillant les arêtes pâles
des silex. La pluie répète et toujours descend
et dure ainsi le jour entier, le soir,
le début de la nuit, puis s'arrête.
Les longues portées des fils semblent prises
dans l'obscurité, nul animal ne fait entendre
le moindre cri ou bruit. Limites, buissons blottis
dans la nuit sombre, portant l'explosion silencieuse
de leurs feuilles - mille petits poings vert acide.
Moi j'ai glissé en esprit le long
de ces fils ténus, abritée sous un parapluie
gris, je portais de grandes bottes. Mais loin
de cet endroit-là, sous une autre ligne
qui lui ressemblait, sur un coteau plus rond
de terre calcaire - la pluie tombait plus fort
et j'avais presque froid.
En quel endroit
sent-on ainsi le souffle doux du temps,
sans vent ?



les long

lundi 28 mars 2011

tristesse, comme une assise : I

 
la pluie a cessé mais les routes
brillent comme des rivières,
avec leurs pointillés et leurs signaux.
entre la plaine et les blancs écroulements des nuages,
les phares allumés des motos
étrangeté luttant contre le jour
Je vais bientôt cesser ces allers et retours.
la vie est sans mot......
ce que j'avais saisi entre deux doigts,
et que je relâche,
poussière bleutée, toucher de talc
va de nouveau son chemin
souffrant ou pas dans le point du jour.

Depuis que je cherche une maison j'en ai vu de nombreuses,
et dans chacune imaginé une tristesse différente.
La beauté de la tristesse me saisit entre deux doigts,
mais je vais toujours vers un autre endroit, je vais.
La diversité de la vie pèse de tout son poids
sur mon corps assis.

II :

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emporté hier encore une trace sur le dos de la main,
et sans préjudice aucun, perdue.
il y avait cette sensation ténue, les ailes
dont la verticalité est saisie entre les doigts
sans volonté de garder.

ce qui n'est pas destiné à la possession
reprend sa progression hasardeuse
hachée et miroitante
vers le fond du jardin, où on a été invité.
il y a la douceur supérieure à toutes celles qu'on a connues
de la poussière bleu froid entre le pouce et l'index,
il y a ce qui a commandé
quand même ce geste de chasseur ?

dimanche 13 mars 2011

fruit

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c'est le point de fusion - au centre
de la forge - dans la montagne
où règne l'odeur du métal, si proche de celle du sang.
Une sphère
pourpre au fond de la forge obscure
qu'elle emplit tout à fait,

dont elle ne se retirera pas
de toute la nuit, veillant
sur l'immobilité refroidie sur l'arrêt du travail.


comme au fond du noir en soi,
au fond du volcan éteint (cône
pesant sur l'horizon) il y a
ce lieu intime qu'on n'atteint
qu'en dormant.

de cette matière brute tirer une forme
un objet clou grille ou rambarde.


là où gronde le grand danger
de destruction et les états de la matière
absolument hors de tout - chaos,
furie, fusion.

comme le noyau rougeoyant en soi
dans sa chaleur qu'on ne peut
ni retenir ni connaître et qui
nous assied parfois de force, au bord du vide.

matrice fluide des émotions, manque, déverse-toi
- cercle laqué,
s'élargissant.

et métal, comme une eau luisante,
atteins le point le plus bas
pour t'assombrir.
 

(ça faisait des semaines que je retournais ce poème dans tous les sens sans arriver à quelque chose........Je le poste...et voilà qu'il prend une étrange allure prophétique, tout à fait involontaire. C'est assez sinistre)




(KOOLHYDRAAT 2 ; d i v)